Saturday, December 2, 2006

Lourd et heavy

Lourd” en France est un faux ami de “heavy” au québec…

En France, quand on dit “c’est lourd” (voire en verlan “c’est relou”), ça veut dire que quelque chose est chiant.

Alors qu’au Québec, quand on dit “c’est heavy“, ça veut soit dire que c’est très bien ou désagréable… selon le contexte. En tout cas, cela décrit quelque chose d’intense dans un sens ou dans l’autre.

Des exemples…

En France :

  • “Il est lourd ce mec.” = il est chiant.

Au Québec :

  • “C’était heavy quand la soeur d’untel elle a dit…” = c’était chiant, bizarre, génant, grave.
  • “C’était heavy cette expo…” = c’était intéressant, intense
Posted by kastor at 13:02:24 | Permalink | Comments (3)

Wednesday, November 22, 2006

La fin de semaine… puis le week-end !

Eh oui ! Même le week-end et la fin de semaine ne signifient pas la même chose pour les Français et les Québécois!

Pour le Québécois, le week-end et la fin de semaine signifient strictement la même chose; l’un est un anglicisme et l’autre pas.

Par contre, les Français ont donné un sens différent à ces expressions. Pour le Français, le week-end signifie bien la même chose que la fin de semaine pour le québécois, soit le samedi et le dimanche. Mais, l’expression “fin de semaine” pour le Français signifie une période qui se trouve dans la semaine même et c’est le jeudi et le vendredi…

Si l’usage de l’anglicisme week-end en France peut sembler abusif pour le Québécois (défense de la langue française oblige!), il se trouve justifié par le deuxième sens qui est donné à l’expression fin de semaine. Ce sens donné à l’expression fin de semaine comporte une certaine logique, car comportant le mot semaine qui signifie lundi au vendredi dans l’esprit français, l’expression ne pourrait pour eux désigner le samedi et le dimanche! Mais cette logique restera toujours trop fragile pour le Québécois car week-end ne comprend-il pas aussi le mot “week”, exactement de la même manière que “fin de semaine” comporte le mot “semaine”?

L’usage de l’anglais dans la langue français au Québec et en France est tellement différent qu’il déroutera toujours ses ressortissants respectifs…!

Posted by kastor at 13:02:57 | Permalink | Comments (4)

Wednesday, May 3, 2006

Tomber…

Plusieurs expressions françaises et québécoises sont consacrée à cette action aussi marquante qu’innoubliable…

D’abord, en québécois on dit : “prendre une plonge” ou “prendre une débarque“, utilisé pour signifier qu’on trébuche et tombe assez violemment. Cela n’a bien sûr rien à voir avec la plonge d’un restaurant!

Comme équivalent en France, on trouve “prendre une gamelle” qui ressemble beaucoup. A ne pas confondre avec “faire une gamelle à quelqu’un” qui veut dire embrasser avec la langue…

En France, il y aussi “se vautrer” que je trouve très savoureux.

Posted by kastor at 11:42:55 | Permalink | Comments (9)

Monday, March 6, 2006

Bas et chaussettes…

Eh oui ! Encore de faux-amis franco-québécois !

Au Québec, nous utilisons le terme “bas” pour désigner ce qui couvre les pieds allant jusqu’à la cheville ou au mollet, mais pas plus… Le terme “chaussette” est utilisé pour désigner des pantoufles, c’est-à-dire des chaussures d’intérieur plutôt chaudes (et souvent moches!).

En France, le mot “bas” désigne toujours ce qui va du pied jusqu’à la cuisse, soit des bas à jarretelle ou autres, porté par les femmes uniquement. Les chaussettes sont plutôt ce qui couvre les pieds uniquement, allant du pied à la cheville ou au mollet, porté par les hommes et les femmes.

Donc, faites gaffe, en France si vous dites à un ami, “je vais mettre mes bas pis j’arrive”, car cela peut être perçu différemment !

Posted by kastor at 15:32:32 | Permalink | Comments (17)

Sunday, December 18, 2005

Sentir, goûter…

Bien que ces mots soient communs à la langue française et québécoise, ils sont toutefois utilisés un peu différemment.

Au Québec, on utilise le verbe “sentir” pour le sens de l’odorat, senti par le nez (je sais ça a l’air un peu évident comme ça, mais voyez la suite…), et “goûter” pour le sens du goût, senti par la bouche…

Eh bien en France, il en est autre. On utilise souvent le verbe “sentir” en général, aussi bien pour les sens de l’odorat et du goût ou tout autre sens. Pour le sens du goût, ça peut donner par exemple : “tu sens le goût ?

On dit aussi “goûter” en France, lorsque l’on mange quelque chose pour la première fois ou pour en apprécier le goût : “j’ai goûter les biscuits“. Mais on ne dit pas que ” ça goûte quelque chose”, mais plutôt “ça a le goût de quelque chose”… Attention, compliqué tout ça !

Reste qu’à chaque fois que je dis en France : “ça goûte bizarre ce truc-là“, tout le monde comprend mais tout le monde trouve cela très drôle. Mais voilà un mot que je ne perdrai pas, je trouve le québécois plus précis sur ce coup-là… D’ailleurs, pour le détail, on dit au Québec goûter à quelque chose mais en France goûter quelque chose…

Ouf, ça c’est fait…

Aussi, en France, le verbe “goûter” est utilisé pour une toute autre chose. C’est sûrement d’ici que vient une part de la confusion ci-dessus… Ici, il existe “un goûter” désignant un moment de la journée, vers 4 heures de l’après-midi, où on prend une collation (le plus souvent les enfants). On parle donc du goûter et ça donne : “Prendre son goûter” comme prendre son déjeuner. Le verbe “goûter” revient donc à l’action de prendre son “goûter”…

Posted by kastor at 11:41:24 | Permalink | Comments (4)

Monday, October 17, 2005

La pipe

La pipe est un mot propre à plusieurs expressions qui ne doivent pas être confondues entre Québécois et Français…

Tirer la pipe” [à quelqu'un] est une expression québécoise qui veut dire taquiner quelqu’un. Un peu similaire, il y a “conter des pipes“, qui veut dire raconter des histoires, des mensonges, des bobards.

Mais il ne faut surtout pas confondre avec les expressions françaises “taille une pipe” ou “faire une pipe” [à quelqu'un] qui signifie : faire une fellation…!

Aussi, autre expression française  :

Moins léger cette fois, “casser sa pipe” qui signifie mourir. Un lecteur m’a dit que cela vient de l’époque où l’on opérait sans anesthésie et qu’on mettait une pipe dans la bouche du patient. Si la pipe (en terre cuite) tombait, cela signifiait qu’il avait cessé de la serrer entre ses dents et donc, qu’il était mort…

Posted by kastor at 17:54:59 | Permalink | Comments (4)

Tuesday, August 16, 2005

La cabane ! La baraque !

Au Québec, pour parler d’une grande maison cossue, on utilise en hyperbole le mot ”cabane“ :

En France, on ne comprend pas cette utilisation du mot cabane, qui leur rappelle plutôt leur expression “ma cabane au Canada“, qui représente pour eux l’image d’une maison en “bois-rond” perdue dans le fin fond de la forêt, qui respire la tranquilité et les grands espaces, un peu une sorte d’eldorado à eux…

Cependant, les Français utilisent aussi le mot cabane pour la prison : “aller en cabane

D’autre part, les Français utilisent le mot “baraque“ pour désigner une maison, plutôt mal en point…

Mais on dit aussi “casser la baraque” quand on rencontre un franc succès, comme on dit aujourd’hui “ça déchire tout“, et même plus ”ça déchire sa mère“. (L’intervention de la mère dans les expressions en France méritera de faire l’objet d’un article entier!)

Posted by kastor at 09:26:26 | Permalink | Comments (3)

En Français…

Quand je discute d’expressions québécoises avec des Français, ils me répondent souvent pour parler de leurs expressions : “oui mais en français, on dit…”. Alors moi, je me dépèche de les corriger :  “tu veux dire : en français… de France !” Et ceux-ci de ne pas comprendre ce qui pour eux semble un pléonasme… 

On serait alors porté à croire qu’il n’est pas encore acquis qu’il n’y a plus qu’une seule façon de parler le français ! Ce n’est pas un pléonasme de dire “le français de France”, comme on dit “le français du Québec” ou “le français du Sénégal” (voir la définition de “français” dans le dictionnaire de l’Académie Française : http://atilf.atilf.fr/Dendien/scripts/generic/showps.exe?p=main.txt;host=interface_academie9.txt). Depuis longtemps déjà, la langue française n’appartient plus exclusivement aux Français, comme l’anglais n’appartient plus qu’aux seuls Anglais. La langue française est désormais l’apanage de plusieurs peuples, dont les Québécois sont parmi les défenseurs les plus actifs…

Petit manuel des Québécois à l’usage des Français

Ce n’est peut-être pas évident mais cela peut être une insulte pour un Québécois de s’entendre dire qu’on ne parle pas comme il parle dans sa propre langue.

Imaginez : pour un peuple qui a dû se battre pour conserver sa langue face à l’écrasante opposition anglophone, c’est un coup dur d’arriver chez ses compatriotes francophones et qu’on semble remettre encore en cause le fait que ce qu’il parle soit bien une langue…!

Posted by kastor at 08:21:40 | Permalink | Comments (21)

Monday, August 15, 2005

Le parking et le shopping

Au Québec comme en France, on utilise beaucoup d’anglicismes. Au Québec par paresse ou pour le côté pratique, en France pour le côté “in”…

Voici des exemples de l’usage de l’anglicisme :

Au Québec, on utilise le mot “magasinage” (ou même sa version humoristique : “gamasinage“) là où, en France, on utilise l’anglicisme “shopping“. Aussi en France, on utilise l’anglicisme “parking” quand, au Québec, on utilise le mot “stationnement“.

Posted by kastor at 15:38:01 | Permalink | Comments (12)