Wednesday, December 5, 2007

Guidoune, pitoune, poupoune, nounoune, coucoune, toutoune, doudoune, chouchoune, minoune, moumoune,…!!!

J’ai trouvé sur le forum de AuFeminin.com un petit texte très rigolo sous forme de conversation, pour décrire ces différents mots québécois…

- “Qu’est-ce que ça veut dire guidoune ?
- Euf… c’est genre une fille mal vue, facile…
- Ben, c’est quoi la différence avec pitoune ?
- Euf… pitoune c’est plus comme une belle fille qui s’habille trop sexy…
- C’est pas une poupoune ca?
- Ouin… une poupoune, c’est moins méchant que pitoune… quoique ça dépend…
- Alors je peux dire “poupoune” à ma blonde ?
- Si cela constitue une taquinerie ou une farce… oui.
- Ah… Nounoune, c’est quoi ?
- Une niaiseuse, pas vite vite… une coucoune quoi!
- Une coucoune ?
- Ben oui, c’est la même chose.
- Une guidoune est-elle automatiquement nounoune?
- Non.
- Et pour toutoune ?
- Ca, c’est une fille plutôt dodue… comme dans “grosse toutoune”.
- Y a des synonymes ?
- Oui, doudoune, mais c’est plus gentil dire ça que toutoune.
- Je peux dire doudoune à ma blonde ?
- Non, sauf si tu veux qu’elle te fasse la baboune… t’es mieux de lui dire chouchoune…
- Chouchoune ?
- Ma chouchoune d’amour.
- Ok. Est-ce qu’une guidoune peut être une poupoune en même temps?
- Non. Mais que tu sois une guidoune, une pitoune, une poupoune, une doudoune, une toutoune, une coucoune ou une nounoune: c’est jamais vraiment positif! À cela tu ajoutes aussi minoune et moumoune…
- Ca devient compliqué…
- Une minoune, c’est une guidoune au chômage, un vieux char ou un chat.
- Une moumoune, c’est quelqu’un de peureux ou un homme avec des manières efféminées.
- Donc, si je comprends bien, une guidoune, finalement, c’est une ancienne pitoune devenue toutoune qui fait la baboune parce qu’elle se trouve nounoune d’avoir été moumoune ?
- Vitement de même, on peut dire ça, oui
- Merci chouchoune…
- Ya pas de quoi mon ti-coune !
- Ti-coune ?????”

Ti-coune est quelqu’un de pas très futé ou d’un peu étrange… C’est un terme difficile à décrire!

(Pris sur le forum AuFeminin.com)

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Sunday, November 25, 2007

Hommage aux Têtes à claques

Il faut rendre à César ce qui est à César, les Têtes à Claques (ces humoristes québécois diffusés au Québec et en France) contribuent énormément à diffuser le sens de l’humour québécois et avec lui, une part de son langage populaire.

Comme chaque sketche est une mine d’or d’expressions, en voici ici une retranscription libre avec une petite “traduction” des expressions, des termes et des prononciations employés, qui peuvent rendre certains bouts cryptiques, voire incompréhensibles, pour les auditeurs français…

Pour ce faire, j’ai choisi le sketche “La Pénalité” (particulièrement fleuri, bien sûr, car c’est un hockeyeur qui parle…), que vous pourrez visionner par le lien ci-dessous :
http://www.tetesaclaques.tv/video.php?vid=41#


(Voix haut-parleur: “Pénalité de 2 min. au numéro 32 des Blaireaux de Ste-Thérèse pour rudesse)

Rudesse, rudesse,… j’l'ai juste plaqué, criss1.
On joue-tu au hockey, ou au badmindton icitte2 ?
Bah, j’ai p’t'être rentré d’aplomb dans la bande3 là,
mais, à quoi tu crois qu’y sert notre équipement ?
à nous protéger contre la grippe ?
Ben woyons don’4 ! on est tout “paddés”5 pour ça !

Enwoye6 Bilodeau*, “kill” !!!

Hein, ça a pu de bon sang, ’stie7,
avec le nouveau règlement,
y a pus moyen8 de se taper s’a yeule9 tranquille, là.
Pénalité, expédition,…
Heille, j’ai-tu d’l'air d’une ringuette10, moi ?
Non, bon ben laisse-moi varger11 dessus criss, ça me détend !
C’est pour ça qu’on fait du sport, pour se détendre…

Envoye Caron*, arrache-y la face !!!

Parce que moi, c’est mes frères qui m’ont appris à jouer.
Ok, la plupart sont en-dedans12 aujourd’hui là,
mais j’ai des maudits bons souvenirs !
On jouait sur la patinoire à côté de l’église,
pis on finissait toujours nos matchs à grands coups de poings s’a yeule, là.
Maudit13 que c’tait plaisant…
Même le curé s’en mêlait; y fessait14 fort le gros…
C’tait le bon vieux temps! Ouen…

Qu’essé tu15 fais, Réjean** ?
Rentre-z’y dedans, tabarnak16 !!!

Ah ’stie, aujourd’hui les “ref”17 sont tellement sévères, là,
qu’on est obligé de se battre dans les parkings entre les périodes, là.
C’est pas très chic là t’sais18, ça fait un peu ti-coune19...
Tu viens20 que t’as pu le goût…
Ouah, moi je commence à être tanné21 de jouer au hockey,
ouah, ben tanné…

Heille, “check up”22 :
ta blonde23, c’est une plotte24!!! Hin hin hin…

(…)

Mais à toutes les fois que j’veux lâcher, là,
y a toujours un bon chum25 qui trouve le tour de me motiver…

Attend que j’te pogne26 Paquette*,
m’a27 t’encastrer dans un panier, mon ostie !!!”


(alarme de fin de partie)



* Nom de famille
** Prénom
1. Blasphème religieux “christ” couramment utilisé au Québec, prononcé sans le “t” de fin (voir article).
2. “Ici” est souvent prononcé “icitte” au Québec.
3. La “bande” est appelée “balustrade” en France.
4. L’expression populaire “woyons don !’” veut tout simplement dire “voyons !”. Le “v” de “voyons” est souvent prononcés comme un “w” et le “c” final de “donc” n’est pas prononcé.
5. “Paddé” vient de l’anglais et désigne les équipements de protection contre les chocs, que portent les joueurs.
6. Comme pour “woyons”, “envoie” (“envoyer” à l’impératif de la 2e personne) est souvent prononcé “enwoye” au Québec. Ce mot est souvent utillisé pour dire à quelqu’un de se presser (voir article “Vite, vite“).
7. “Stie” est une contraction du blasphème religieux québécois “hostie” (voir article), très couramment utilisé.
8. Expression québécoise très courante voulant dire “c’est pu possible”.
9. Le mot “gueule” est parfois prononcé “yeule” au Québec.
10. Par contraction, on veut parler ici d’une personne qui joue à la ringuette. La ringuette est un sport d’hiver apparenté au hockey, pratiqué majoritairement par des femmes.
11. “Varger” signifie frapper, donner des coups.
12. Comme en France, être “en-dedans” veut dire être en prison.
13. “Maudit” est un des plus vieux blasphèmes québécois toujours en usage.
14. “Fesser” veut dire frapper fort (sans lien avec les fesses).
15. Contraction de “qu’est-ce que tu fais”
16. Blasphème québécois très emphatique (voir article).
17. Abréviation du mot anglais “referee”, signifiant “arbitre”.
18. “t’sais” est une contraction de l’expression très courante “t’sais’veut dire”, qui est elle-même une contraction de “tu sais ce que je veux dire”. En France, l’équivalent serait “tu sais”, “tu vois”, ou encore “tu vois ce que je veux dire”.
19. Un “ti-coune” est une personne pas futée du tout.
20. “Tu viens que t’as pus le goût” pourrait équivaloir à “Tu finis par pus avoir le goût” ou “Tu commence à pus avoir envie.”
21. “Etre tanné”, expression très québécoise qui signifie : en avoir marre.
22. Anglais littéral pour attirer l’attention, qui signifie “regarde ça”.
23. Une “blonde” signifie au Québec une conjointe ou une petite amie, qu’elle soit blonde ou pas!
24. Une “plotte” est un mot vulgaire pour désigner le sexe féminin et par extension une femme que l’on résume à son sexe. L’équivalent français se retrouverait plutôt pour les hommes : “ce mec, c’est une vrai bite…”.
25. Un “chum” vient de l’anglais et veut dire “ami”. Selon le contexte, cela peut aussi être utilisé pour signifier “petit ami”.
26. “Pogner” signifie prendre, attraper.
27. “M’a” est une contraction pour “Je vais”.

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Sunday, October 28, 2007

Vite, vite !

Pour presser quelqu’un, au Québec on peut dire :

“Envoye, grouille !”

Le verbe impératif “envoie” est un peu déformé et prononcé “envoye” (en prononçant le “y” en “ill”), ou même “enwoye”. Cette manière familière de prononcer ce mot est assez ancienne. En témoigne même cette chanson faisant partie du folklore québécois (les fameuses “chansons à répondre”) :

“Envoye, envoye, la p’tite, p’tite, p’tite

Envoye, envoye la p’tite jument…”

(voir ici pour la suite de cette chanson)

De manière plus imagée, on pourra aussi utiliser l’expression : “Batince, accouche qu’on baptise !” Cette expression témoigne du passé très catholique du Québec mais est aussi très crue et témoigne plus d’exaspération…!


En France, pour presser quelqu’un on dira plutôt :

“Vas-y, magne-toi !”

Le verbe “se magner” peut aussi s’écrire, quoique plus rarement et d’un style plus recherché “se manier”. Il est l’équivalent du québécois “se grouiller”. “Vas-y” est une expression qui peut équivaloir au québécois “envoye”. Elle vient aussi des couches les plus populaires et est maintenant répandue en France dans le langage familier. Il est difficile de définir le sens de cette interjection. On peut même parfois entendre “Vas-y, attend !” qui semble très aberrant si pris au premier degré ! Cette interjection n’a pas d’autre sens que d’interpeller quelqu’un avec véhémence ou exaspération. Dans cette phrase, le sens qui prévaut est donc “attends”.

Posted by kastor at 19:42:05 | Permalink | Comments (8)

Wednesday, July 19, 2006

Déguédine Zidane…

Heu… non, l’expression à la base serait seulement “Déguédine”, mais comment résister, ces deux mots s’appellent irrésistiblement.

On peut mettre cette expression québécoise en situation de la manière suivante:

Enwoye, grouille-toi, déguédine,… on va être en retard!

“Grouille-toi” et “Déguédine” veulent toutes les deux dire “se dépêcher”. On trouve aussi bien sûr la variante “Grouille-toi le cul”. On voit moins couramment “Déguédine-toi le cul”, bien que cela pourrait être admis, car “Déguédine “est une expression en soi assez forte pour ne pas nécessiter d’y ajouter quoique ce soit…

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Sunday, April 30, 2006

Mets-en… en masse !

Voici deux expressions très très courantes du parlé québécois.

D’abord, “mets-en” est une expression qu’on utilise au Québec un peu partout dans une conversation pour marquer son approbation. Elle veut dire “en effet”. Dans le langage parlé de France, on pourrait dire “tu m’étonnes” (une antiphrase pour signifier qu’on est d’accord et donc non étonné par les propos).

“- Ce gars-là, y é vraiment trop con

- Mets-en !”

 

Ensuite, “en masse”. Cette expression remplace souvent le mot “beaucoup” dans le parlé québécois, mais peut signifier une quantité suffisante aussi bien qu’une énorme quantité. Ainsi, “Y en a mis en masse !” peut selon le contexte signifier qu’il en a mis juste assez ou presque trop…
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Thursday, January 26, 2006

Feu sauvage de l’amour

L’expression québécoise “feu sauvage” désigne ce qu’on appelle médicalement “herpès labial”. Pas de surprise, tout le monde évite l’expression médicale, car elle rappelle cet autre herpès, plus caché celui-là et quelque peu honteux…

L’expression “feu sauvage” décrit bien la cause souvent présumée quand on présente à la face du monde cet infection : “ahhh, toi t’as embrassé quelqu’un !” On pense souvent à ce moment à un amour sauvage et effréné. Le mot “feu” dans l’expression arrive aussi à point nommé : quand on en a déjà eu un, on sait que le feu est une assez bonne description ! 

Pour mieux pénétrer ce référent culturel, je vous recommande le sketche musical des humouristes québécois Rock et Belles Oreilles (1986), mettant en image leur chanson “Le Feu sauvage de l’amour”, dont voici le début :

Chérie, chérie, quand je t’ai rencontrée
J’ai tout de suite eu envie de t’aimer
Mais je ne pouvais pas me douter
Qu’un jour, tu allais me donner…

 Le feu sauvage, le feu sauvage de l’amour !
La maladie du baiser, yé, yé, yé, yé…

En France, on utilise l’expression “bouton de fièvre“. Quoiqu’un peu plus médicale, cette expression peut aussi faire référence à la fièvre amoureuse.

Posted by kastor at 06:36:07 | Permalink | Comments (4)

Sunday, December 4, 2005

Mal dans ses shorts

 Etre mal dans ses shorts

Sous un air bien prosaïque, cette expression exprime une véritable réflexion métaphysique ! ”Etre mal dans ses shorts” ne veut pas exprimer que l’on trouve un vêtement, ses shorts, inconfortable.

Tout d’abord, il faut dire que les shorts peuvent être pour les québécois soit une sorte de bermuda court (définition du mot anglais), soit des sous-vêtement.

Non, cela veut dire que l’on est pas bien dans sa vie. 

En France, on dirait qu’on est mal dans ses baskets

Posted by kastor at 14:33:18 | Permalink | Comments (3)

Sunday, November 27, 2005

C’est tiguidou !

C’est tiguidou !

est une expression québécoise qui veut dire : c’est parfait, ça marche, d’accord !

Il y a l’extension suivante :

C’est tiguidou, ry trou !

“Ry trou” tenant lieu de “right through”, soit disons : ”en plein dedans !”

 

Et une variante :

C’est tiguidou, s’a slide !

“S’a slide” équivalent plus ou moins à “sur la slide”. Je ne vois pas comment traduire cela…

 

D’ailleurs, je ne trouve pas du tout d’où peut venir l’expression tiguidou… Si quelqu’un a une piste…?

Posted by kastor at 16:11:06 | Permalink | Comments (10)

Thursday, November 10, 2005

Le Cul bordé de nouilles

Avoir le cul bordé de nouilles

est une expression française à la fois savoureuse et dégoutante ! Cela veut dire : avoir beaucoup de chance. Etonnant, non? Une autre expression française existe, qui a la même signification :

Avoir du pot

Celle-ci peut s’expliquer par le fait qu’en ancien français, le pot désignaient également le derrière. Mais pourquoi, bordé de nouilles ?! En plus, cela a quelque chose de gluant, yeuk ! Si quelqu’un sait d’où ça vient… (voir des hypothèses intéressantes en commentaires) Très similaire, en voici une variante qui est commune à la France et au Québec :

Avoir du cul

Cependant, sa variante française “Avoir du fion” est inconnue au Québec, puisque le mot “fion” pour signifier “cul” est propre à la France.

En France, on dit aussi :

Avoir de la chatte“.

Est-il nécessaire de préciser que le mot “chatte” est aussi utilisé pour désigner le sexe féminin en France et c’est bien plutôt de cela qu’il s’agit ici et non d’un animal domestique…!

Posted by kastor at 13:57:27 | Permalink | Comments (10)

Monday, August 15, 2005

Parti juste sur une gosse

Pour commencer à comprendre l’expression québécoise ”partir juste sur une gosse“, il faut d’abord se rappeler qu’au Québec “une gosse” n’est pas une fillette comme en France, mais bien un testicule. Cela étant dit, disons qu’on “part juste sur une gosse” quand on part ”à brûle-pourpoint“, comme si on avait oublié une de ses “gosses” derrière soi tellement on est parti rapidement…

Variante

Partir s’a slide” (sans contraction : “partir sur la slide“) peut vouloir dire la même chose, ou alors littéralement qu’on dérape, “slide” étant un anglicisme signifiant “glisser”. En France, l’équivalent pourrait être ”ripper”: par exemple “chus en retard sur mon planning, j’ai ripé“.

Par extension…

Ces expressions peuvent aussi par extension signifie faire la fête ou faire état d’un dérapage ou d’un caractère d’imprévu ou d’insouciance… En France, l’équivalent serait “se barrer en couille” ou ”partir en couille“.

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