Sunday, October 28, 2007

Vite, vite !

Pour presser quelqu’un, au Québec on peut dire :

“Envoye, grouille !”

Le verbe impératif “envoie” est un peu déformé et prononcé “envoye” (en prononçant le “y” en “ill”), ou même “enwoye”. Cette manière familière de prononcer ce mot est assez ancienne. En témoigne même cette chanson faisant partie du folklore québécois (les fameuses “chansons à répondre”) :

“Envoye, envoye, la p’tite, p’tite, p’tite

Envoye, envoye la p’tite jument…”

(voir ici pour la suite de cette chanson)

De manière plus imagée, on pourra aussi utiliser l’expression : “Batince, accouche qu’on baptise !” Cette expression témoigne du passé très catholique du Québec mais est aussi très crue et témoigne plus d’exaspération…!


En France, pour presser quelqu’un on dira plutôt :

“Vas-y, magne-toi !”

Le verbe “se magner” peut aussi s’écrire, quoique plus rarement et d’un style plus recherché “se manier”. Il est l’équivalent du québécois “se grouiller”. “Vas-y” est une expression qui peut équivaloir au québécois “envoye”. Elle vient aussi des couches les plus populaires et est maintenant répandue en France dans le langage familier. Il est difficile de définir le sens de cette interjection. On peut même parfois entendre “Vas-y, attend !” qui semble très aberrant si pris au premier degré ! Cette interjection n’a pas d’autre sens que d’interpeller quelqu’un avec véhémence ou exaspération. Dans cette phrase, le sens qui prévaut est donc “attends”.

Posted by kastor at 19:42:05 | Permalink | Comments (8)

Wednesday, July 19, 2006

Une pelle, une gamelle, un french,…

Quel est le lien logique entre ces mots? Ils veulent tous parler du baiser.

 

En France, on dit :

rouler une gamelle à quelqu’un

ou

rouler une pelle à quelqu’un

et on parle aussi de “se prendre un rateau” (vive l’agriculture décidément) quand on se fait rejeter (mais cela fera l’objet d’un autre article).

Au Québec, on dit plutôt:

frencher quelqu’un

Cela vient d’un anglicisme, le verbe “to french”, qui lui-même vient de l’expression “french kiss”, le fameux baiser où on met la langue…

En tout cas, d’un côté à l’autre de l’océan, quand on utilise le verbe baiser, cela n’a plus rien à voir depuis longtemps avec le baise-main !

Bizarrement, on peut constater que les expressions sur cette action si romantique qu’est celle du baiser sont au contraire bien peu romantiques justement !

Posted by kastor at 06:10:16 | Permalink | No Comments »

Tuesday, May 16, 2006

Garage à bites !

Voici deux expressions qui vont faire dresser les cheveux à quelques uns…

En compétition dans la catégorie Vulgarité, la France et le Québec :

En France, quand on dit “Garage à bites“, on dit au Québec “plotte à tire“.

J’explicite…

 

Du côté français :

“Garage à bites” est très explicite, du moment que l’on sait que le mot “bite” est un mot vulgaire pour pénis. Ensuite, on comprend relativement facilement la signification de l’expression…

Du côté québécois :

“Plotte à tire” peut être cependant plus difficile à appréhender pour le lambda…: tout d’abord, il faut savoir que “plotte” désigne le sexe féminin en langage vulgaire, puis que “tire” est en anglais “pneus”. Ensuite, à vous de remettre tout cela ensemble…!

Ce qu’il faut surtout savoir, c’est que bien que ces expressions soient équivalentes en vulgarité, elles ne le sont pas dans le sens. Un “garage à bites” serait une femme (ou un homme d’ailleurs) qui couche avec beaucoup d’hommes, alors qu’une “plotte à tire” serait plutôt une femme qui choisirait ses hommes en fonction de leur voiture… très différent, donc, mais toujours aussi valorisant!

Tout de même, il reste que c’est drôle de voir à quel point l’image de l’automobile est utilisée pour des expressions décrivant des femmes…;-)

Posted by kastor at 17:35:46 | Permalink | Comments (20)

Sunday, April 30, 2006

Se viander…

“Se viander” veut dire se faire mal ou se blesser physiquement :

Je me suis viandé en bicyclette

J’adore cette expression française qui veut tout simplement dire tomber ou se faire mal, tout en utilisant un hyperbole très imagé : se blesser au point de se transformer en tas de chair morte, en viande… Une expression très “gore” pour un étranger !

Elle peut aussi être utilisée au figuré pour dire que l’on a échoué :

Je me suis viandé à l’examen

A l’origine, je n’avais pas trouvé d’équivalent québécois pour cette expression française, mais à la demande générale et comme tout le monde y est allé de sa petite suggestion, voici un florilège d’équivalents au sens plus ou moins complets:

 

  • se déwrencher“: cela vient de l’anglais “to wrench” qui veut dire tordre ou arracher quelque chose. Une “wrench” veut aussi dire une entorse en anglais. Ca recoupe donc le fait de se faire mal dans “se viander”;
  • se décalisser la yeule” : qui équivaut plutôt à “se pêter la gueule”, comme c’est dit en France et au Québec (au Québec “gueule” est souvent prononcé “yeule” pour plus d’emphase);
  • se pogner une plonge” : celle-ci équivaut bien au sens de tomber (le plus souvent en bicyclette) dans “se viander” (“pogner” veut dire prendre; “plonge”, plonger);
  • prendre une débarque“: équivaut aussi à tomber, mais peut aussi avoir un sens plus figuré c’est-à-dire de réaliser quelque chose qui nous étonne beaucoup et même nous déçoit…
  • bêcher“: qui veut tout simplement dire tomber;
  • se planter“: peut vouloir dire tomber, mais dans un sens plus figuré peut vouloir dire se tromper complètement (sans la déception de la débarque…).

Voilà pour le “petit” tour des équivalences potentielles… Merci à tous!

Posted by kastor at 16:34:04 | Permalink | Comments (14)

Thursday, November 10, 2005

Le Cul bordé de nouilles

Avoir le cul bordé de nouilles

est une expression française à la fois savoureuse et dégoutante ! Cela veut dire : avoir beaucoup de chance. Etonnant, non? Une autre expression française existe, qui a la même signification :

Avoir du pot

Celle-ci peut s’expliquer par le fait qu’en ancien français, le pot désignaient également le derrière. Mais pourquoi, bordé de nouilles ?! En plus, cela a quelque chose de gluant, yeuk ! Si quelqu’un sait d’où ça vient… (voir des hypothèses intéressantes en commentaires) Très similaire, en voici une variante qui est commune à la France et au Québec :

Avoir du cul

Cependant, sa variante française “Avoir du fion” est inconnue au Québec, puisque le mot “fion” pour signifier “cul” est propre à la France.

En France, on dit aussi :

Avoir de la chatte“.

Est-il nécessaire de préciser que le mot “chatte” est aussi utilisé pour désigner le sexe féminin en France et c’est bien plutôt de cela qu’il s’agit ici et non d’un animal domestique…!

Posted by kastor at 13:57:27 | Permalink | Comments (10)