Les sacres et leurs dérivatifs : les grands principes
On ne peut comprendre une conversation courante québécoise sans connaître un minimum de "sacres", fréquemment utilisés pour ponctuer les phrases et ajouter de l'emphase.
Les sacres sont l'équivalent des "gros mots" français, des jurons. Quand, en France, on dira "putain" ou "merde", au Québec, on utilise des mots issus du catholicisme et ses objets rituels.
Donc, voici une liste non-exhaustive (ce serait impossible!) de "sacres" québécois :
- christ (prononcé "chriss")
- calice (prononcé "câlisse")
- tabernacle (prononcé "tabarnak")
- calvaire
- ciboire
- ostie (souvent contracté en "stie")
et même :
- sacrement (prononcé "sacrament")
- saint-crême
- baptême
- vierge (prononcé "viarge")
- torieu (qui voudrait dire à l'origine "tord à dieu")
(ahhh, ça défoule...)
Ceci dit, on utilise aussi beaucoup de dérivatifs de ces mots. Un peu comme en France, certains disent "mince" au lieu de "merde", au Québec, on dit:
- christie ou crime pour chriss
- câlique ou câlinne pour câlisse
- tabarnouche, tabarouette ou tabaslak pour tabarnak
- calvince ou caltor pour calvaire
- cibolak pour ciboire
- ostine pour ostie
- batince ou bateau pour baptême
- torpinouche à la place de torieu
- ...
Et même parfois, des contractions de 2 sacres:
- caliboire en contraction de calisse et ciboire
- taboire en contraction de tabarnak et ciboire
Ensuite, pour ajouter de l'emphase, on peut faire des combinaisons :
- ostie de câlisse
- ostie de câlisse de tabarnak
- calisse de criss
- criss de tabarnak
- ...
...vous avez compris le principe : il n'y en a pas! Et c'est toute la beauté de la chose. L'utilisation des "sacres" au Québéc est presque passé à l'art d'un sport. Son inventivité se compare à celle du "verlant" français, quoique ce dernier soit beaucoup plus récent.




Gueurda : prononcer le "r" à l'anglaise. Ça signifie, en gros, une fille très maquillée, en jupe écourtichée... l'expression n'est plus utilisée. Disons que c'est une "pitoune" has been...
"Connu comme Barabas dans la Passion" : se dit de quelqu'un de très connu. C'était dans le temps de mon père, il faut dire, qui aurait aujourd'hui dans les 80...
Je dirais que l'expression québécoise préférée des Français c'est : "C'est le fun". Ils adorent, je sais pas pourquoi, peut-être que ça en dit beaucoup en peu de mots.
Une autre expression difficile à définir : "Quétaine". Plus que "kitsch" pour les Français...
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Pour "guerda", j'ai demandé sur un site (que je trouve excellent pour ses définitions: http://www.angelfire.com/pq/lexique/, voir la définition de "pitoune") l'origine de ce mot. Je le connaissais et l'utilisais au Québec mais quand vient le moment de l'écrire, je me demande d'où ça vient à l'origine... Suite au prochaine numéro.
Pour "quétaine", c'est un mot important et je vais en faire un article. Merci de m'y faire penser. Je pense que l'équivalent français serait plutôt "ringard", mais avec une différence dans le sens culturel. En gros, ce qui est quétaine au Québec ne l'est pas en France et ce qui est ringard en France ne l'est pas au Québec... Bref, ça vaut un article! (Comment this)
Ca c'est quétaines ma chère! (Comment this)
Exemples:
- Crisse. En fait, un cochon, un porc. Tel qu'immortalisé dans les fameuses "oreilles de crisses", ce qui n'est pas un sacre du tout. Langue payenne certes, mais qui suis-je pour dénigrer des mots laissés par nos ancêtres.
- Tabarnak. Pourquoi ne viendrait-il pas de Taberna? Taverne. Taberna qui, peut-être. Ou un équivalent.
Autant je ne dénigre pas que les mots puissent avoir une connotation spirituelle, autant j'ai beaucoup de doutes quant à une origine ecclésiastique, quand on sait le poids de la religion et notre engoûement pour cette dernière dans les vieilles générations. (Comment this)
A la recherche du mot cibolak, je suis arrivée chez vous...
Merci pour votre aide...
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http://www.cyberpresse.ca/article/20060514/CPACTUALITES/605140627/1019/CPACTUALITES (Comment this)