Mardi, Août 16, 2005

La cabane ! La baraque !

Au Québec, pour parler d'une grande maison cossue, on utilise en hyperbole le mot "cabane" :

En France, on ne comprend pas cette utilisation du mot cabane, qui leur rappelle plutôt leur expression "ma cabane au Canada", qui représente pour eux l'image d'une maison en "bois-rond" perdue dans le fin fond de la forêt, qui respire la tranquilité et les grands espaces, un peu une sorte d'eldorado à eux...

Cependant, les Français utilisent aussi le mot cabane pour la prison : "aller en cabane"

D'autre part, les Français utilisent le mot "baraque" pour désigner une maison, plutôt mal en point...

Mais on dit aussi "casser la baraque" quand on rencontre un franc succès, comme on dit aujourd'hui "ça déchire tout", et même plus "ça déchire sa mère". (L'intervention de la mère dans les expressions en France méritera de faire l'objet d'un article entier!)

Posted by kastor at 09:26:26 | Permanent Link | Comments (3) |

En Français...

Quand je discute d'expressions québécoises avec des Français, ils me répondent souvent pour parler de leurs expressions : "oui mais en français, on dit...". Alors moi, je me dépèche de les corriger :  "tu veux dire : en français... de France !" Et ceux-ci de ne pas comprendre ce qui pour eux semble un pléonasme... 

On serait alors porté à croire qu'il n'est pas encore acquis qu'il n'y a plus qu'une seule façon de parler le français ! Ce n'est pas un pléonasme de dire "le français de France", comme on dit "le français du Québec" ou "le français du Sénégal" (voir la définition de "français" dans le dictionnaire de l'Académie Française : http://atilf.atilf.fr/Dendien/scripts/generic/showps.exe?p=main.txt;host=interface_academie9.txt). Depuis longtemps déjà, la langue française n'appartient plus exclusivement aux Français, comme l'anglais n'appartient plus qu'aux seuls Anglais. La langue française est désormais l'apanage de plusieurs peuples, dont les Québécois sont parmi les défenseurs les plus actifs...

Petit manuel des Québécois à l'usage des Français

Ce n'est peut-être pas évident mais cela peut être une insulte pour un Québécois de s'entendre dire qu'on ne parle pas comme il parle dans sa propre langue.

Imaginez : pour un peuple qui a dû se battre pour conserver sa langue face à l'écrasante opposition anglophone, c'est un coup dur d'arriver chez ses compatriotes francophones et qu'on semble remettre encore en cause le fait que ce qu'il parle soit bien une langue...!

Posted by kastor at 08:21:40 | Permanent Link | Comments (21) |

Lundi, Août 15, 2005

Parti juste sur une gosse

Pour commencer à comprendre l'expression québécoise "partir juste sur une gosse", il faut d'abord se rappeler qu'au Québec "une gosse" n'est pas une fillette comme en France, mais bien un testicule. Cela étant dit, disons qu'on "part juste sur une gosse" quand on part "à brûle-pourpoint", comme si on avait oublié une de ses "gosses" derrière soi tellement on est parti rapidement...

Variante

"Partir s'a slide" (sans contraction : "partir sur la slide") peut vouloir dire la même chose, ou alors littéralement qu'on dérape, "slide" étant un anglicisme signifiant "glisser". En France, l'équivalent pourrait être "ripper": par exemple "chus en retard sur mon planning, j'ai ripé".

Par extension...

Ces expressions peuvent aussi par extension signifie faire la fête ou faire état d'un dérapage ou d'un caractère d'imprévu ou d'insouciance... En France, l'équivalent serait "se barrer en couille" ou "partir en couille".

Posted by kastor at 15:42:44 | Permanent Link | Comments (13) |

J'en ai plein mon cas' !

Pour comprendre l'expression québécoise "en avoir plein son cas' ", il faut d'abord savoir que la contraction "cas' " (on prononce le "s") vient du mot "casque". On comprend alors facilement que cela veut dire "en avoir assez" ou être contrarié par une situation.

Autre expression qui dit à peu près la même chose : "en avoir son maudit voyage". Le mot "voyage" est ici pris dans le sens de cargaison ou chargement.

En France, ils ont un équivalent que j'aime beaucoup, c'est "en avoir ras le pompon" (origine de la marine, voir commentaire) et, plus vulgaire, "en avoir ras la touffe" (je crois que le sens de "touffe" est assez international pour que j'explique, non?). Encore mieux, il y a encore comme variante "en avoir ras le bonbon".

Il y a aussi le grand classique "en avoir plein le cul" qui est commun au Québec et à la France.

Posted by kastor at 15:40:45 | Permanent Link | Comments (8) |

Le parking et le shopping

Au Québec comme en France, on utilise beaucoup d'anglicismes. Au Québec par paresse ou pour le côté pratique, en France pour le côté "in"...

Voici des exemples de l'usage de l'anglicisme :

Au Québec, on utilise le mot "magasinage" (ou même sa version humoristique : "gamasinage") là où, en France, on utilise l'anglicisme "shopping". Aussi en France, on utilise l'anglicisme "parking" quand, au Québec, on utilise le mot "stationnement".

Posted by kastor at 15:38:01 | Permanent Link | Comments (10) |

Dimanche, Août 14, 2005

C'est pas un micro !

Au Québec, les joints se roulent habituellement comme une simple cigarette, et non en cône comme en France. Les joints sont donc plus petits et se fument plus rapidement. Il y existe une expression assez drôle qui est dite à ceux qui ne sont pas habitués de fumer à ce rythme et aussi pour ceux qui ont oublié... C'est dit au fumeur pour qu'il passe le joint à son voisin, alors qu'il est en plein discours et qu'il le tient au niveau de sa bouche :

"Heille ! C'est pas un micro !"

Posted by kastor at 14:13:35 | Permanent Link | Comments (0) |

Dimanche, Août 07, 2005

Quétaine

"Quétaine" est un adjectif péjoratif très souvent utilisé au Québec et qui peut être assimilé à l'expression française "ringard", mais ces deux mots comportent de grosses différences et aller au fond du sujet demanderaient une étude en stylistique. Mais voici en gros...

En France, être "ringard" est en opposition à être "branché" ou "à la mode", tout styles confondus.

Au Québec, être "quétaine" est aussi opposé au fait d'être à la mode mais sous-entends en plus un style proche du "cul-cul", celui-là plus international (enfin y en a un !).

Ce qui complique tout est qu'on ne peut pas donner d'exemple car ce qui est ringard en France ne l'est pas Québec et ce qui est quétaine au Québec ne l'est pas en France...!

Drôlerie sur le mot "quétaine", un québécois qui a fait un site entièrement dédié au concept ! Le tout est plus ou moins rigoureux mais vaut quand même le détour : http://ketaineries.com/

 

Posted by kastor at 13:39:47 | Permanent Link | Comments (6) |